Oman, trésor de l’Arabie

En avril 2014, j’ai décidé de réaliser un vieux rêve : découvrir un pays qui m’avait toujours attirée, le Sultanat d’Oman. Dans ce récit de voyage, je raconte mon road-trip en solitaire dans ce pays.

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Dans le désert des Wahibas © Nora Schweitzer

 

Au carrefour de l’Afrique, du monde arabe et de l’Inde, le Sultanat d’Oman fait tourner la tête des voyageurs épris d’Orient, de déserts et d’océan ! Récit d’un road-trip en solitaire dans ce pays fascinant.

Le Sultanat d’Oman, j’en ai tellement rêvé ! A l’âge de 15 ans, je découvre pour la première fois ce pays dans un reportage, et depuis, ces décors des Mille et une nuits ne m’ont jamais quittée ! Les coupoles des mosquées tout droit sorties du conte d’Aladin, ces kilomètres de côtes désertiques ouvertes aux vents de la mer d’Arabie, les wadis, ces cours d’eau nichés entre les montagnes qui apportent verdure et quiétude à la terre ocre brûlée par le soleil.. C’est la tête remplie de ces images que je me suis enfin envolée pour Oman.. Et je n’ai pas été déçue!

L’encens, trésor du Sultanat

Dès mon arrivée dans la capitale Mascate, je suis prise dans le tourbillon du souk de Mutrah, le plus important du pays. Tel une caverne d’Ali Baba, on y trouve de tout ! Des étoffes aux mille couleurs, des bijoux scintillants, de l’artisanat, et surtout, l’un des trésors les plus réputés du Sultanat, l’encens ! Pour le trouver, direction le « Souk al-Dhofariyat », un coin du marché tenu par des Omanais du Dhofar, cette région du sud frontalière avec le Yémen où pousse le fameux arbre à encens. Ce produit millénaire, utilisé par les Grecs, les Egyptiens et les Romains, occupe encore aujourd’hui une place importante dans le quotidien des habitants. Ils l’utilisent à la maison comme parfum d’ambiance et lui prêtent des vertus thérapeutiques. Conquise, je m’achète un petit kit à encens et me mets tout de suite à cette charmante habitude omanaise !

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Un vendeur d’encens dans le souk de Mascate    © Nora Schweitzer

Les péripéties d’une voyageuse solitaire

Après quelques jours à Mascate, je me lance enfin dans un road-trip de 10 jours à travers le pays. Je loue une voiture et trace, seule, en direction du sud. Ce n’est pas la première fois que je voyage en solitaire. Passionnée de voyages depuis l’adolescence, je me lance à 19 ans dans mon premier grand trip en solo, une traversée du Sahara qui m’amènera en deux mois du Maroc au Sénégal. Des dizaines de voyages plus tard, j’aborde donc ce périple avec confiance. Seul petit hic, je vais devoir passer plusieurs nuits dans ma voiture, faute de trouver des hôtels sur tout mon itinéraire.

Un soir, je m’arrête dans un village perdu sur la côte entre Mascate et Sour. Je me gare un peu à l’écart pour ne pas attirer l’attention. Une femme seule qui dort dans une voiture à Oman, c’est pas commun!

Au petit matin, surprise ! Je suis réveillée par un homme qui rôde autour de la voiture en regardant avec insistance à l’intérieur! Un peu effrayée, je commence à me mettre en route. Il insiste pour me parler : « Tu vas bien ? J’ai cru que tu étais malade ! Viens chez moi, tu pourras te laver, manger quelque chose. Tu viens de passer la nuit dans une voiture ! ».

Une hospitalité légendaire

Quelques minutes plus tard, je me sens toute bête lorsque je pénètre finalement dans sa demeure et suis accueillie à bras ouverts par toute la petite famille ! Ma méfiance de voyageuse solitaire m’a fait oublier l’hospitalité légendaire des Arabes! Curieux de voir une étrangère de passage dans leur petit village, ils m’invitent à partager leur petit déjeuner, puis le déjeuner, le dîner, et je finis par passer la nuit chez eux !

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Un repas chez mes hôtes à Dabab, avec du riz au poulet et petits oignons, de la salade (posée à même la nappe en plastique!) et des frites, un régal! Evidemment, on mange par terre et avec les mains.© Nora Schweitzer

Les enfants m’adoptent immédiatement, ils veulent tous se faire prendre en photo. Ils me font visiter leurs enclos, où se mêlent vaches, chèvres et même des dromadaires ! Les jeunes filles ne me quittent plus, je suis leur nouvelle copine! On se met à prendre des photos rigolotes sur la plage. Amany, la plus audacieuse des deux sœurs, se lâche sans hésiter devant la caméra. Elle enchaîne grimaces et positions idiotes, agrippe par le cou des dromadaires errants et fait mine de s’étrangler avec son foulard ! Un vrai clown cette ado!

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Avec Amany et les dromadaires sur la plage © Nora Schweitzer

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En mode débile avec mes copines d’un jour ©Nora Schweitzer

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Amany ©Nora Schweitzer

Wadis, boutres et plages de rêve

Les jours suivants, j’enchaîne plusieurs étapes magiques : tout d’abord, la magnifique White Beach près de Fins, une plage de sable blanc où je me baigne dans une eau chaude et turquoise, un vrai bonheur. Et en plus, j’ai la plage pour moi toute seule!

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La white beach pour moi toute seule, un régal! ©Nora Schweitzer 

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Il fait plus de 30 degrés, l’eau est à quasi 30 aussi, le paradis quoi! ©Nora Schweitzer

En repartant par une piste, je me fais une petite frayeur avec la voiture. Tout à coup, la voiture glisse, le volant tourne dans tous les sens, aaaah merdeu!! Il a plu il y a quelques jours et il reste des coins boueux sur la piste! Trop occupée à regarder le turquoise de l’océan par la fenêtre, je n’ai pas regardé où je roulais. Heureusement je parviens à ne pas m’embourber. Ca aurait été dommage que cette superbe journée se transforme en galère. En même temps, je l’aurais mérité!

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La vue de ma fenêtre… ©Nora Schweitzer 

Plus au sud, je découvre enfin mon premier wadi! Les wadis, c’est un incontournable de tout périple au Sultanat d’Oman. Ce sont de fins cours d’eau qui coulent entre les montagnes, formant ainsi de profonds canyons. Certains disparaissent en été quand il fait trop chaud et se reforment dès qu’il pleut. Sur leurs rives, on trouve souvent des cultures de palmiers-dattiers, ce qui donne des paysages absolument sublimes, entre le vert de l’eau, la terre ocre des montagnes et les centaines de palmiers. Quand il y a assez d’eau, des piscines naturelles se forment, et on peut se baigner dans les eaux chaudes du wadi.

Le Wadi Shab est facilement accessible sur la route entre Mascate et Sour. Je gare la voiture, enfile mon maillot, enroule quelques affaires dans plusieurs couches de sacs plastiques et c’est parti! Je me lance dans une rando-baignade de plusieurs heures entre les gorges du wadi. Le sentier serpente entre les palmiers, les jardins et offre de beaux points de vue sur la montagne. Puis les chemins disparaissent. Plus le choix, il faut se jeter à l’eau, ce que je fais allègrement! J’avance en nageant de piscine en piscine jusqu’à découvrir une cavité creusée dans la montagne et entourée de cascades! On ne peut y accéder qu’en nageant entre deux parois de roche qui laissent à peine passer une tête d’humain, mais le spectacle en vaut carrément la peine!

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Ma meilleure rando au Sultanat d’Oman : le wadi Shab. 4h de marche dans un canyon, à se jeter à l’eau toutes les 5min, puis se sécher, allongée sur un rocher au soleil, et recommencer… ©Nora Schweitzer 

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Les piscines naturelles du wadi bani Khaled, un autre wadi sur la route de Nizwa ©Nora Schweitzer 

J’en prends de nouveau plein la vue à Sour, une autre étape incontournable pour tout voyageur en Oman. C’est là qu’étaient construits pendant des siècles les fameux boutres, ces voiliers traditionnels en bois qui ont permis aux navigateurs omanais de faire du commerce dans tout l’Océan indien. Au XIXème siècle, Oman était alors au centre d’un immense empire maritime s’étirant de l’Inde à Zanzibar. Il existe encore un petit chantier où sont construits quelques-uns de ces mythiques boutres. Mais les temps ont changé, et ceux là ne serviront que de bateaux de croisière pour les touristes..

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L’entrée de la baie de Sour, gardée par des citadelles. Sour a longtemps été un important port d’où partaient les bateaux qui faisaient la traversée vers l’Afrique et l’Inde ©Nora Schweitzer

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Sur un boutre en construction à Sour. Les ouvriers sont tous des Indiens du Kerala qui ont appris le savoir-faire omanais en matière de construction de boutres. ©Nora Schweitzer

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Je demande à un pêcheur de m’embarquer pour un petit tour en mer au coucher de soleil, Sour est encore plus belle vue du large! ©Nora Schweitzer

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En mer, je vois enfin un boutre à l’eau! Aujourd’hui, ils sont encore utilisés comme bateaux de pêche ou de croisière pour les touristes ©Nora Schweitzer

 De la chaleur des dunes à la fraîcheur des palmeraies

Je quitte la côte au niveau de Sour pour m’enfoncer dans l’intérieur du pays. J’y découvre encore des paysages différents, notamment le désert des Wahibas, un superbe désert de dunes qui rougissent au coucher du soleil ! Sans hésiter, j’abandonne ma voiture en ville et me laisse embarquer par un bédouin qui a un campement au milieu du désert. Je passe la nuit dans ce décor de fou, à discuter avec mes hôtes des traditions bédouines.

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Le désert des Wahibas au coucher du soleil ©Nora Schweitzer 

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La prochaine fois, je resterai plus longtemps! ©Nora Schweitzer

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De retour à la « civilisation » après une nuit dans le désert. Le bédouin chez qui j’ai passé la nuit me ramène à la ville où j’ai laissé ma voiture… ©Nora Schweitzer

Après le désert, je mets le cap vers Nizwa, où j’assiste à un curieux ballet de chèvres, de moutons et de vaches : c’est le marché aux bestiaux du vendredi ! Un rendez-vous animé, où se retrouvent éleveurs et acheteurs de toute la région, pour le plus grand plaisir des curieux comme moi!

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Je reprends la route direction Nizwa. Je suis tellement fan des paysages que je fais une petite pause photo en route! ©Nora Schweitzer 

 

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Sur le marché aux bestiaux de Nizwa. Les hommes venus vendre tournent autour du « public » d’acheteurs avec leurs bêtes. Les bêtes sont scrupuleusement examinées avant tout achat. ©Nora Schweitzer 

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Une femme bédouine en grande négociation sur le marché aux bestiaux ©Nora Schweitzer 

Mon périple se termine dans un petit coin de paradis ! Perché à 1000 mètres d’altitude, le village de Misfat Al Abriyeen est un lieu exceptionnel. De vieilles maisons taillées dans la roche, des montagnes désertiques à 360°, et surtout une palmeraie de rêve où le temps semble suspendu.

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Le village de Misfat Al Abreen, perché dans la montagne. Une chaleur sèche, une jolie terre ocre, des milliers de palmiers et de l’eau qui coule dans les canaux, je suis au paradis! ©Nora Schweitzer

La palmeraie est quadrillée d’un ingénieux système d’irrigation constitué de petits canaux appelés « aflaj » en arabe. De jour comme de nuit, l’eau puisée dans les montagnes s’écoule paisiblement à l’ombre des palmiers. Un cadre unique où j’ai eu la chance de passer la nuit ! C’est possible grâce à une famille qui a transformé sa maison, nichée au cœur des jardins, en une guesthouse pour les amoureux de ce lieu. Au petit matin, je me réveille tout doucement, bercée par le clapotis de l’eau et le gazouillis des oiseaux. J’ouvre les yeux, mon regard se pose sur les feuilles de bananiers et de palmiers qui flirtent avec les fenêtres de ma chambre. Une plongée entre rêve et réalité !

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Nichés dans la palmeraie, quelques bassins permettent de stocker l’eau, mais aussi de se rafraîchir! Celui-là était réservé aux hommes donc je ne m’y suis pas baignée mais j’ai trouvé le bassin des femmes dans un coin à l’écart… ©Nora Schweitzer

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